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mes livres: je raconte ma vie (et autres) musique

mon histoire avec la hi fi 1973-1974

Ceci est un chapitre d’un livre à paraître où je raconte ma vie

Je ne sais pas pourquoi j’ai acheté le magazine HIFI STEREO ce jour-là, en mars. Nous étions à Quiberon. Certes j’adorais la musique, j’avais redoublé ma troisième à cause de la musique. J’écoutais beaucoup de musique, j’enregistrais tout ce que je pouvais sur mon petit minicassette Philips, le premier modèle. J’avais commencé à écouter de la musique sur la petite radio Nevada offerte par mon parrain à Noël 1969. Ensuite j’avais réussi à me faire offrir un poste de radio plus sérieux, un Grundig mais il ne captait pas la FM et j’avais déjà compris que la qualité de la FM c’était autre chose. J’avais acheté le petit magnéto Philips à un copain de classe, je l’avais payé 100 francs. Ma mère n’avait pas les moyens de me donner de l’argent de poche, je ne sais plus comment je m’étais débrouillé mais j’avais un magnéto. Presqu’en même temps que la passion de la musique m’était venue la passion d’enregistrer la musique, de la collectionner, de l’accumuler, de la garder avec moi, physiquement. Une cassette c’était une petite boîte qui contenait de la musique, qui contenait du bonheur. J’aimais la musique et j’avais un besoin matériel d’avoir la musique avec moi, dans une boîte. J’enregistrais la musique à partir de la radio, au début avec un micro. Le micro plaqué sur le haut-parleur de la radio. Ce n’était pas de la haute fidélité, surtout à partir des grandes ondes, Europe 1 ou France Inter le soir. Il fallait démarrer et s’arrêter au bon instant pour éviter la voix de l’animateur, n’avoir que la musique et si possible toute la musique. C’était un point critique pour moi, j’étais un vrai maniaque, un perfectionniste. Plus pour la musique que mes devoirs, au grand désespoir de Maman. Le petit magnéto Philips sonnait bien. A l’internat de mon lycée à Chartres nous dormions dans des chambres de 3, les cloisons en bois ne montaient pas jusqu’au plafond si bien que tout s’entendait de chambre à chambre. Notre voisin, un parisien d’une famille aisée, disposait du même magnéto Philips mais aussi d’une petite enceinte et chaque matin il nous réveillait avec de la musique. Ca marchait bien bien mieux qu’avec le haut parleur du Philips. C’est sûrement là que j’ai commencé à aimer le beau son. Ce copain nous réveillait souvent avec Child In Time de Deep Purple. Un grand disque de l’époque ce Deep Purple In Rock. A l’été 72 alors que j’étais à Aschères Le Marché chez mon oncle j’ai vu chez des voisins un poste de radio qui faisait le FM, marque Ferguson. Il grésillait un peu mais je rêvais de la FM. J’ai réussi à les convaincre d’échanger leur Ferguson contre mon Grundig. C’était pour moi une question de vie ou de mort, je voulais la FM. J’enregistrais la radio directement sur mon magnéto avec un cable, je ne dépendais plus d’un mauvais micro, les bruits extérieurs ne me dérangeaient plus. Je récupérais la qualité de la FM directement sur mon magnéto, j’étais heureux. Chez un oncle j’ai déniché un petit magnéto à bande, un trésor pour moi mais il sonnait mal. Je n’avais plus qu’une obsession acheter un magnétophone digne de ce nom. J’avais trouvé le modèle qu’il me fallait: le UHER 4400 Report Stereo. Je l’avais vu à Chartres chez Art Et Son. Un magnéto à bande quasi professionnel. Un rêve. Comment trouver l’argent? 1750 francs. Chaque été je travaillais pour avoir de l’argent mais à 14 ans je ne gagnais pas grand-chose. Mais cette année-là j’ai pu travailler dans la ferme de mon oncle Jean-Claude et il m’a payé juste ça: 1700 francs pour 5 ou 6 semaines de travail. Je ne les remercierai jamais assez de leur générosité: Merci Odile et Jean-Claude. J’avais travaillé dur. Nous avions soulevé des ballots de paille tout l’été. J’étais maigre, pas très costaud. mais quelle récompense! Je suis allé chez Art Et Son et j’ai commandé mon magnéto UHER. J’ai dû rester éveillé deux jours à l’idée que j’allais bientôt pouvoir tenir dans mes mains un vrai magnéto. J’ai pu acheter 3 ou 4 bandes magnétiques de 13cm, des BASF. Il faisait 4 vitesses: 2,4, 4,75 (la vitesse des cassettes), 9,5 et 19 cm par seconde. Pour enregistrer la FM j’utilisais soit le 9,5 soit le 19. J’étais bien trop maniaque pour utiliser le 4,75. Les bandes duraient soit 20 soit 40 minutes. Je me souviens de trois chansons que j’adorais à ce moment-là enregistrées sur France Inter ou FIP en FM: Viaggiare de Lucio Battisti, Men Of Good Fortune de Lou Reed et Je Suis Venu Te Dire Que Je M’en Vais de Gainsbourg. Je prenais grand soin de mon Uher auquel je tenais plus qu’à la prunelle de mes yeux. Mais il n’étais pas très fiable, il a fallu le faire réparer plusieurs fois et il n’a jamais sonné à la perfection. De toute façon comme je commençais à lire HIFI STEREO j’avais déjà un autre projet en tête, il fallait que j’achète une chaîne hi fi. Une platine, un ampli et deux enceintes. Le problème c’était le budget. Je ne pouvais compter que sur l’argent gagné pendant les grandes vacances.

à suivre…

Par martin

littéraire, rêveur, humain, curieux, attentif, musique, littérature, promeneur

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