Michelet HISTOIRE DE LA REVOLUTION FRANCAISE****

Tome 1 lu entre juin et octobre 2007

Un grand livre, un livre immense : mélange de l’Histoire, « la révolution » avec le lyrisme humaniste de Michelet. Moment crucial de l’évolution des sociétés humaines, la marche vers la liberté. Jamais je n’avais vu la fraternité exprimée de meilleure façon, ce que les hommes peuvent avoir de bon quand ils marchent ensemble car au fond nous avons tous les mêmes aspirations. Tous les moments magiques de fraternité sont montrés à merveille, quand le peuple tout entier marche dans la même direction. Et puis les conflits gâchent tout : problème d’égo, idéologiques ? Difficile à démêler. Malédiction de l’histoire : impossible de faire durer les moments de communion. Que de personnages admirables! Comme les grands événements aident les personnalités à se révéler dans le bon sens comme dans le mauvais. L’héroïsme de certains est bouleversant. Je pense à Danton surtout, au rôle qu’il aurait pu jouer. Très convaincante histoire du mauvais rôle joué par le clergé. Michelet est l’historien qui parle avec son cœur, avec son âme, qui donne foi en l’humain. Admirable ouvrage : encourageant ou décourageant ? Il ne faut pas céder à l’abattement et garder l’espoir, se battre pour le bien. Michelet admire et fait admirer.

Tome 2 lu entre mai et juin 08

Michelet est un poète de l’histoire, il met dans son récit à la fois son intelligence et son cœur. C’est la vie même qu’il a déposée dans son livre. Bien sûr ce second tome c’est la marche vers la Terreur, c’est terrible, l’enchaînement des circonstances qui mènent vers la guillotine, cette petite sensation de fraîcheur dans le coup comme le rappelait Dumas. Comment, malgré d’extraordinaires mouvements de fraternité, malgré l’héroïsme de tant d’hommes, tout finit dans le sang, comment la complexité des cœurs et des âmes, des événements connaissent une issue si désastreuse, combien de sacrifiés.

Michelet nous montre ces hommes et ces femmes, tous avec leurs qualités et leurs défauts. Tous animés, mais à des degrés divers, de l’amour de la République. Bien sûr Michelet lui-même, comme l’indique Gérard Walter, a ses préjugés, ses lacunes, mais son amour de la vérité et de la grandeur est incontestable. Et comme on regrette avec lui que Danton n’ait pu aller plus loin. Quand à Robespierre, personnage complexe entre tous, son besoin de pureté semble maladif et dangereux, c’est l’extrêmisme à l’état pur et comme on le sait depuis André Glucksmann l’extrêmisme c’est le totalitarisme, toujours. Curieux comme le recours au complot se retrouve au sein de toutes les révolutions parallèle au chemin vers la pureté et la dictature. Accuser les adversaires de complot contre révolutionnaire pour s’en débarrasser. Michelet fait monter les larmes aux yeux régulièrement lorsqu’il montre l’homme qui s’élève au-dessus de lui-même pour atteindre à la grandeur, à l’héroïsme. Un grand livre. Michelet et Dumas (Mémoires) rentrent dans les 12 grands livres de ma vie. Coïncidence : ils sont écrits au même moment et dans la même veine républicaine, profondément humaniste. J’avoue ne pas avoir parfaitement compris toutes les nuances politiques : l’antagonisme girondin/jacobin qui ne chevauche pas exactement montagnards et droite… La commune, les comités… En résumé, un hymne à l’humanité: tant d’hommes se sont montrés admirables de courage, d’engagement, de générosité au cours de l’histoire et particulièrement dans ces 10 ans de révolution. Songer à tous ces grands hommes révélés par l’histoire et au peu qu’il en reste, au gâchis qu’il en est fait. L’histoire de l’humanité est ainsi faite que le grandiose se mêle constamment au mesquin et au sordide. Et pourtant que faire si ce n’est esaayer, toujours essayer de mieux faire, d’apporter sa petit contribution humaniste, aussi petite soit-elle.

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