Sénancour OBERMAN

lu en mars 1979

Cette correspondance d’Oberman avec un ami dont on ne sait rien constitue le journal intime de Sénancour dans les toutes premières années du 19ème. Elle évoque le matériel, physique et géographique et l’intellectuel, métaphysique et morale. Elle s’étale sur 10 ans, il a entre 20 et 30 ans. Pour échapper à son mal de vivre il s’installe en Suisse. Ruiné il revient à Paris puis à Lyon. A nouveau riche, suite à un héritage, il repart en Suisse où il vit dans une maison conçue par lui avec un ami, Fonsalbe, frère d’une femme qu’il a aimée et qui réapparaitra à la fin du volume. Il s’agit surtout de réflexions sur la vie, l’amour, les hommes, le mariage, la religion (il est anti-religieux). Tout au long il se plaint de sa vie pesante, tragiquement ennuyeuse. Il songe au suicide. Contrairement au Chateaubriand de René il n’erre pas désespéré. Il cherche, il réfléchit et ne se contente pas de lamentations. Derrière le désespoir on sent une grande force de caractère. Enfin il décide d’écrire un grand livre de morale. Peut-être est-il alors moins malheureux qu’il n’a été.

Un des livres les plus pénibles qu’il m’ait été donné de lire. Long, abstrait, vide de mouvement. Bien peu pour me toucher. Des réflexions qui ne me concernent pas. J’affirme (en 1979) qu’il y va de l’amour-propre de se considérer comme heureux et puis l’écart est souvent infime entre l’ennui et un relatif bien-être. C’est à soi de se dire: je vais tacher d’éviter d’être malheureux en prenant les choses du bon côté car, de toute façon, la vie passe et ce qui est perdu l’est définitivement. Peut-être ce raisonnement n’est-il que celui d’un garçon qui a beaucoup de chance à tout point de vue. Quand on est heureux cela dépend-il de soi ou des circonstances? Voilà toute la question. La lecture d’Oberman m’ennuyait trop pour être profitable. L’esprit s’envole au loin et la pensée de l’auteur m’échappe.

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